Maladies…

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Médicaments, soins et poissons malades…

Si les poissons tombent malades c’est souvent simplement parcequ’ils sont dans un milieu qui ne leur convient pas bien ( eau trop dure ou trop douce, pH inadapté, surpopulation…etc). Parfois aussi on achète des poissons porteurs de maladies ou de parasites .

Ca ne sert à rien de les bourrer de produits chimiques pour les soigner si on ne résout pas la cause de la maladie…ils rechuteront à chaque fois…

Le problème est que l’on conseille trop souvent l’utilisation d’antibiotiques et de médicaments divers dès qu’il y a un petit problème ou 3 points blancs, au lieu de chercher à rétablir des bons paramètres dans le bac !

prLes maladie arrivent généralement dans des bacs mal peuplés ou mal entretenus …

La cause de 90 % des maladies sont :

  • le manque d’entretien et d’hygiène,
  • les changements d’eau insuffisants,
  • la surpopulation dans les bacs
  • une eau qui n’est pas adaptée aux poissons, trop dure par exemple ou trop douce… pH ou température inadapté.
  • les mauvaises conditions de maintenances des élevages industriels

Une bonne quarantaine permet d’éviter de contaminer nos propres poissons avec ces nouveaux venus en mauvais état .

Une maintenance correcte permet d’éviter les maladies parce que les poissons sont suffisamment solides dans ce cas pour combattre les infections.

Si vous avez des questions , venez les poser sur http://forum.aquagora.fr/

Des guppys chez un importateur

Ulcère sur un Colisa

Antibiotiques et autres produits de médecine humaine….

Il faut bien comprendre les risques sanitaires qu’induit l’utilisation d’antibiotiques pour traiter des problèmes d’aquariophiles incompétents comme les poussées de cyanobactéries par exemple , ou le traitement de maladies.

L’eau des aquariums est un véritable bouillon de culture avec une flore commensale qui s’oppose en général à l’émergence de souches pathogènes pas uniquement pour les poissons ( Brink AJ, Giannakopoulos E, Viljoen HG., S Afr Med J 1998 Aug;88(8):1011-2 « Fishtank water as a source of a rare case of Aeromonas hydrophila septicaemia. » … par exemple) et l’utilisation d’antibiotiques peut être responsable de plusieurs problèmes dont l’émergence de souches résistantes ou l’émergence de souches pathogènes pour l’homme.

Non seulement bouillon de culture, l’aquarium est en plus une source de diffusion dans l’environnement du simple fait que les pompes, le bullage et d’autres éléments produisent un aérosol à son voisinage immédiat.

Les risques les plus connus sont les mycobactéries atypiques, certaines pneumonies à BGN, les salmonelloses souvent multirésistantes et plus rarement Edwardsiella tarda comme source de pathologie digestive ..

Donc, quelques règles simples:

Un poisson malade est un poisson sacrifié.

Un détaillant vendant des poissons malades est un détaillant boycotté

Les pathologies récréationnelles, cela existe. une centaine de cas de mycobactéries atypiques répertoriés sur l’ile de France en 1999, en dehors des cas d’immunodépression et parmi les sources, de manière non négligeable l’aquariophilie et les oiseaux

Tout le monde est d’accord sur l’absolue nécessité de ne pas se laisser aller à l’utilisation de médicaments à usage humain dans un aquarium ( le consensus existant déjà pour les produits anti-algues).

– sur l’absolue nécessité d’une parfaite information sur la composition et les risques des produits proposés par l’industrie pour l’aquariophilie alors qu’à ce jour les notices explicatives et la composition des produits sont du domaine secret défense.

– sur l’importance de la prévention avec tout ce que l’on a dit sur la quarantaine, les détaillants etc etc sans oublier l’état sanitaire des bacs.
©G. Moret

Lire ces pages http://fr.wikipedia.org/ et http://www.reefkeeping.com parlant du Mycobacterium marinum , maladie très grave qui touche parfois les aqauriophiles.

Les mycobactéries sont de la famille qui provoque lèpre et tuberculose.plus d’infos ici http://ifr48.timone.univ-mrs.fr/

Unknown-1Chez les poissons, l’infection, parfois désignée sous le terme de « tuberculose des poissons », a été décrite chez plus de 150 espèces d’eau douce ou d’eau de mer (poissons sauvages, poissons d’élevage, poissons d’aquarium) dont Betta splendens, Cyprinus carpio carpio (carpe commune), Xiphophorus maculatus…
Les premiers signes visibles consistent en un amaigrissement progressif, une diminution de l’appétit et une décoloration (parfois, au contraire, une hyperpigmentation) de la peau. La maladie évolue ensuite sous une forme chronique avec apparition de lésions cutanées (lésions hémorragiques, chute des écailles, ulcérations), d’une exophtalmie, apparitions de nodules grisâtres dans de nombreux organes notamment le foie, la rate, le pancréas, les reins et le cœur ainsi que le développement de nodules dans les muscles. Les nodules peuvent s’ouvrir et libérer des germes dans l’environnement aquatique. Des atteintes de la vessie natatoire sont également observées, elles se traduisent par une coloration blanche et l’accumulation d’un liquide séreux et elles ont pour conséquence une perte de l’équilibre.
Cette infection peut entraîner la mort des animaux avec un pourcentage de mortalité pouvant atteindre 50 p. cent.

28809tnExpérimentalement l’infection a été reproduite chez plusieurs espèces de poissons (Carassius auratus auratus, Phenacogrammus interruptus, Thorichthys meeki) qui développent soit une infection chronique, persistante, avec formation de granulomes dans de nombreux organes soit une forme aiguë, rapidement mortelle, caractérisée par une péritonite sévère et des nécroses tissulaires.
Les granulomes observées lors de l’infection des poissons par Mycobacterium marinum ont une structure comparable à celle des granulomes observés lors de l’infection des mammifères par Mycobacterium tuberculosis. Source: http://www.bacterio.cict.fr/

Le plus souvent, Mycobacterium marinum provoque chez l’homme des granulomes et comme l’infection est souvent contractée par l’intermédiaire de l’eau des aquariums ou de l’eau des piscines, elle a été dénommée « granulome des aquariums » Le granulome des piscines sévit sous forme épidémique mais il est devenu assez rare grâce à une chloration satisfaisante de l’eau.

Elle est transmissible à l’homme et peut s’attraper lorsqu’on met les mains dans le bac quand on a une plaie ouverte, même un petit bobo. Ca commence par des petits nodules, des bosses, et des douleusr articulaires, puis l’infection progresse très vite et s’aggrave. Ne tardez pas à consulter en cas de blessures sur les mains qui deviennent gonflées et douloureuses.

Ce n’est pas parce que médecins et éleveurs ont fait les ânes avec les antibios pendant des années (et d’autres classes thérapeutiques) qu’il faut encourager une utilisation (encore plus si elle est irraisonnée) de médicaments actifs à usage humain dans l’aquariophilie.

Quand je vois la publicitée faite autour de certains médicaments, ca me fait grincer des dents, on se croirait dans les coulisses du tour de France …

L’idéal reste la prévention :

  • achat de poissons sains à un (re)vendeur de qualité
  • conditions de maintenance adaptées
  • aquarium de quarantaine et d’isolement le cas échéant.© Hervé 

Les traitements ne sont pas anodins, mais ce ne sont pas des substances que l’on peut se procurer facilement, on doit passer par un vétérinaire qui lui, nous explique les précautions d’emploi et le pourquoi de ces précautions. Je crois pouvoir dire sans trop de risque de me tromper que toute substance s’attaquant à des saletés résistantes que ce soit en médecine humaine ou animale a des effets secondaires pouvant être génants, et des conséquences graves si elle ne sont pas utilisées à bon escient et dans de bonnes conditions. ©M-Agnès.

Juste une remarque au sujet des ATB, il faut que le traitement tue toute les bactéries du bac (donc 5 jours de traitement continu), sinon des bactéries peuvent devenir resistantes, continuent à vivre et se reproduire dans le bac, puis lors d’un changement d’eau, d’un échange de poisson ou un don de plantes, la vilaine bébête se retrouve dans la nature…Rajoutez à cela qu’une bactérie peux passer le gène codant pour cette résistance à cet ATB, à des bactéries d’autre espèces et voila donc une nouvelle souche résistante à cet ATB  ©Helix

Tout cela pour montrer que les aquariophiles manipulent un peu n’importe quoi sans le savoir pour conserver des poissons malades.

© veronique 2016