Poissons africains et cichlidés fluviatiles

Rivières d’Afrique

Quand on entend parler de poissons africains, on pense tout de suite aux Cichlidés des grands lacs, Malawi, Tanganyika et Victoria et l’on oublie souvent qu’il y a aussi d’autres poissons vivant dans les rivières, les marécages ou les cours d’eau. On y trouve divers Killies dans les ruisseaux d’Afrique, des Cichlidés fluviatiles, Pelvicachromis parmi les plus courants, et divers Tétras comme les Phenacogrammus interruptus.

En Afrique de l’Ouest, dans le fleuve Zaïre, le bassin du Congo, dans le Niger, le Zambèze, dans bien des cours d’eau de la forêt équatoriale, l’eau est assez peu minéralisée et plutôt acide au contraire des lacs Malawi, Tanganyika ou Victoria

Les rivières peuvent être rapides, ce qui provoque une très bonne oxygénation de l’eau, mais limite le nombre de plantes. Celles-ci sont rares, mais robustes.

On y trouve par exemple des Anubia, et les Bolbitis heudelotii (Fougères du Congo). Le sol est composé de galets arrondis et usés, de branchages tombés, de sable fin ou de vase. On peut recréer ce courant en plaçant un filtre puissant capable de filtrer 3 à 4 fois le volume du bac par heure et en ajoutant une pompe de brassage pour agiter l’eau et créer des remous

D’autres rivières coulent lentement dans la forêt, à l’ombre des arbres. Les inondations et crues sont fréquentes et durent plusieurs semaines donc le sol de cette forêt est gorgé d’eau.

Dans des ruisseaux et petits cours d’eau calmes, et des marigots on trouve divers Killies et des petites espèces qui aiment l’eau acide.

Un aquarium de 200L rempli d’eau du robinet, pH entre 6.3 et 7.5, température entre 24° et 27°C, dureté de 8 à 15 dGH. Un sol en sable de Loire ou quartz non tranchant, une plantation composée de divers Anubia, un éclairage de 1 watt pour 3 litres ; filtration de 3 à 4 fois le volume du bac par heure avec mousses bleues et substrat pour bactéries.

Population

Un couple de Pelvicachromis pulcher, petit Cichlidé bien coloré, On doit placer dans son bac un pot de fleur couché, des racines ou des demi-noix de coco pour lui offrir des supports de ponte On peut aussi garder juste un couple, seul dans un bac de 80 à 100L. Petit détail : Le sexe des jeunes est influencé par le pH de l’eau : s’il est acide il y aura une majorité de femelles.

Le mâle à droite , La femelle à gauche

Ils se reproduisent volontiers et sont peu agressif. Son seul défaut est de creuser un peu autour de son refuge. C’est un pondeur sur substrat caché qui garde ses jeunes et les promène à travers tout le bac.

On peut lui associer un groupe de Phenacogrammus interruptus, originaires du bassin du Congo, appelés aussi Tétra bleu du Congo. Les mâles mesurent une dizaine de centimètres, les femelles restent un peu plus petites. Ils faisaient partie des Characidae africains et ont été recemment reclassé en Alestiidae. Tous 2 sont parés de belles couleurs aux reflets superbes, ils ont besoin de vivre en groupe et d’un large espace de nage. Ce sont des poissons grégaires qui sont paisibles et bons nageurs mais parfois assez craintifs, ils apprécient un bac bien planté et pas trop éclairé et la présence d’autres poissons calmes. Il ne faut pas taper contre la vitre du bac et ne pas leur faire peur. Il faut éviter aussi d’allumer brusquement leur bac. Un sol sombre et une lumière tamisée font bien ressortir leurs reflets. Ils réclament une eau très propre, sans nitrates ce qui nécessite de fréquents et importants changements d’eau. Une température de 24 à 28°C et un PH de 6 à 7 lui conviennent parfaitement

On peut aussi ajouter un petit groupe de poisson-chat, Synodontis nigriventris, qui nage « à l’envers » avec le ventre en l’air. Ils restent cachés une bonne partie de la journée, mais sont très actifs en fin de journée, le soir et la nuit. Ils réclament des cachettes, des souches et racines, un tas de pierres, des bois emmêlés. En aquarium leur taille ne dépasse pas 10 cm et leur comportement est tout à fait paisible.

Pour un aquarium de 200L environ, si l’on désire des poisons moins courants on peut choisir un couple parmi ces Cichlidés :

Pelvicachromis moliwe, ou Pelvicachromis kienke ou encore Pelvicachromis makoure.

Parmi les petits Cichlidés africains, on trouve aussi des Anomalochromis thomasi, qui vivent dans les rivières côtières de l’ouest africain. L’eau de leur biotope naturel est légèrement acide, température proche de 25°C.

Ils mesurent 6 à 8 cm, et sont des pondeurs sur substrat découvert. Ils sont calmes et peu agressifs même au moment des reproductions

Les Hemichromis sp (vendus comme  lifalili ) qui porte une tache sombre sur son flanc et Hemichromis bimaculatus qui se différencie par ses 2 taches très nettes, sont aussi des Cichlidés de taille raisonnable, ( 10 à 12 cm) et magnifiquement colorés surtout au moment du frai. Ils se ressemblent et sont souvent confondus, mais 9 fois sur 10 il ne s’agit ni de vrais lifalili , ni de bimaculatus mais de divers hybrides et poissons non clairement identifiiés.

Il leur faut un grand bac, si possible 300 litres et plus, car ils sont territoriaux et agressifs surtout en période de ponte. Ils ont tendance à refaire le décor selon leur goût et à déraciner les plantes qui les dérangent quand ils creusent. Superbement colorés, faciles à garder et à reproduire, ils réclament un bac bien filtré, brassé et avec de nombreuses cachettes, pierres, pots de fleur, racines et souches pour délimiter des territoires. Eau douce, très oxygénée et brassée, pH de 6,5 à 7,2, température entre 24 et 28°C pas de sous sol riche ni d’engrais car ils creusent partout. Il faut solidement fixer les rhizomes des plantes, sur une souche ou une pierre

.bac peu planté

En période de reproduction

 en robe neutre…

Un autre Cichlidé : Steatocranus casuarius, poisson territorial et assez typique, mesurant de 8 à 12 cm. Les mâles ont une bosse frontale très prononcée. Ils nagent mal et vivent proches du sol, qu’ils aiment creuser. Il leur faut une eau bien oxygénée, avec du courant et des remous. On doit prévoir un sol sablonneux et un décor rocheux, recréant le fond d’une rivière, qui leur permet de délimiter divers territoires. On les garde en couple, dans un bac de 200L au moins avec une eau douce entre 10 et 15° TH, température de 24 à 28 degrés, et un pH variant de 6.5 à 7.8.

On peut les associer à un banc de Brycinus longipinnis ou Alestes longipinnis. Ces « Characins aux longues nageoires » vivent proches de la côte, de la Gambie jusqu’en République du Congo.Ils sont grégaires et parfaitement adaptés à un aquarium communautaire. Mais ils sont très actifs, vifs et nerveux et capables de sauter hors du bac. Il faut leur laisser un large espace de nage sans obstacles et leur procurer des cachettes et refuges grâce à des massifs de grandes plantes.Comme ce sont des poissons de rivière et d’eau vive, ils apprécient l’eau brassée et un bon courant .Très adaptables, ils tolèrent un pH compris entre 6 et 8.0 et une dureté de 5 à18 dKH, On les trouve parfois aussi dans les estuaires, en eau légèrement saumâtre

Un groupe de Arnoldichthys spilopterus, Tétras du Niger, surnommé aussi Characins aux yeux rouges. Ce sont des poissons robustes et actifs qui restent dans la partie supérieure du bac. Ils mesurent 8 à 10 cm, et sont de bons nageurs qui ont besoin d’espace. Leur corps est gris, brillant, parcouru d’une ligne jaune.

Un peu moins fréquent, on trouve les Eutropiellus buffei, de la famille des Schilbeidae (Silures) originaires du Nigeria, Cameroun, Zaire, Gabon. Poissons de 8 cm environ, vivant en groupe, et occupant la partie supérieure du bac. Ils nagent en position penchée, portant la tête plus haute que la queue et jouent dans le courant. Leur corps est blanc, rayé horizontalement de 3 bandes noires La bouche porte des barbillons, ils mangent volontiers des larves d’insectes, de moustiques, des daphnies, mais consomment aussi des flocons, et réclament un apport végétal important. Ils apprécient un bac bien planté et bien brassé,( l’ajout d’une pompe e brassage peut être nécessaire) mais peu éclairé ou comportant des zones d’ombres, un pH entre 6 et7,5, une température de 24 à 28°C. et une dureté inférieure à 10 TH

On peut aussi envisager d’autres poissons d’origine africaine, qui réclament en général un bac dédié car ils ont des besoins très spécifiques ou ne cohabitent pas facilement avec d’autres espèces dans un bac de 200 ou 300 litres

Poisson roseau, Erpetoichthys calabaricus, originaire surtout des marais et cours d’eau lents du Nigeria et du Cameroun. Il ne peut pas cohabiter avec des petites espèces car il est piscivore et va manger tous les petits poissons du bac. Il lui faut des proies vivantes et la nourriture sèche n’est pas acceptée.

Poissons serpentiformes, ils mesurent environ 30 cm et sont de très bons chasseurs nocturnes. Il vit proche du sol et nage peu en pleine eau. Il faut leur installer de nombreuses caches, pots de fleurs, grottes, souches trouées et un sol mou, du sable fin et non tranchant, avec beaucoup de plantes pour tamiser la lumière.

L’eau doit être légèrement acide, pH de 6.5 à 7.0 et moyennement dure 10 à 15° dGH. Une température à 25°C leur convient.

Gnathonemus petersii, Poisson éléphant, originaire du Congo, Cameroun, Niger, qui atteint environ 15 cm en aquarium et plus de 25 cm dans la nature. Il porte un rostre, une sorte de petite trompe située sous la bouche, qui lui permet de fouiller le sol pour repérer sa nourriture. Poisson paisible , on peut en installer 4 ou 5 de la même taille dans un bac de grand volume, (au moins 300l) et comme seul poisson de fond. Il reste caché une partie de la journée et s’active au crépuscule. Il faut le garder dans un bac peu éclairé, il est peu exigeant quant à la qualité de l’eau, mais il apprécie un sol meuble, de sable fin qu’il peut creuser. On doit lui aménager de nombreuses caches, des refuges parmi les cailloux, souches et racines du décor et placer des plantes flottantes pour tamiser la lumière.

Dans son pédoncule caudal, se trouve un organe électrique qui peut produire un courant de faible voltage. Il émet jusqu’à 800 décharges électriques par minute qui lui permettent entre autres de chasser pendant la nuit, de communiquer et de s’orienter. Lent à manger et difficile à nourrir il lui faut des vers de vase, des larves de moustiques, des tubifex, des artémias et des daphnies vivants

Ils vivent volontiers en grand groupe . Ce type de sol n’est pas recommandé pour un poisson fouisseur !

Pantodon buchholzi, poisson papillon de 10 cm environ, qui flotte immobile juste sous la surface, il possède de grandes nageoires pectorales en forme d’ailes qui lui permettent de sauter hors de l’eau et de faire des bonds de plus d’un mètre pour attraper des insectes, mouches, sauterelles. Le bac doit donc être bien fermé. C’est un carnivore qui mange aussi très volontiers des petits poissons, il ne faut pas l’installer dans un aquarium peuplé d’espèces de moins de 6 cm. Il réclame une eau acide, pH 6,5 et TH de 10°, très calme, presque sans courant, et une température assez haute, entre 25° et 30° Il reste immobile, caché dans la végétation de surface. On peut introduire 2 ou 3 Pantodon dans un bac de 250L.

Poisson couteau, Xenomystus nigri,

peut atteindre 20 à 30 cm, est un curieux poisson qui n’a pas de dorsale mais porte une longue nageoire anale qui ondule en permanence. Il se déplace en avant et en arrière de cette nage curieuse. Il a besoin de monter respirer régulièrement à la surface. Essentiellement nocturne, on le voit le soir et pendant la journée il reste caché dans les zones d’ombre du bac sous les plantes. Peu sociables, vite agressifs entre eux et avec d’autres poisons, les adultes vivent généralement seuls. La distribution de proies vivantes et de petits poissons est presque indispensable, ils ne mangent pas les paillettes ou flocons. Ils réclament une eau tempérée 23°C à 27°C et acide, pH de 6 à 6,5 et plutôt douce, 3 à 10 Th

Plantes d’Afrique :
Anubia divers
Bolbitis heudelotii
Crinum natans

Brycinus longipinnis